L’obésité n’est plus considérée comme un simple excès pondéral. Elle est aujourd’hui reconnue comme une maladie métabolique chronique, associée à l’inflammation de bas grade, à l’insulinorésistance et à une augmentation du risque cardiovasculaire, hépatique et endocrinien. C’est dans ce contexte qu’elle prend une place croissante dans la réflexion sur le vieillissement biologique. 
Les télomères nous intéressent ici parce que leur raccourcissement fait partie des mécanismes associés au vieillissement cellulaire. Plusieurs travaux ont montré qu’un IMC plus élevé était globalement associé à des télomères plus courts chez l’adulte. Les télomères ne résument pas à eux seuls l’âge biologique, mais ils aident à comprendre pourquoi l’obésité est plus qu’un simple problème de poids. 
Dans ce contexte, la metformine garde une place importante. Elle a été l’une des premières molécules à faire le lien entre métabolisme, inflammation et vieillissement biologique. La littérature lui attribue des effets sur l’AMPK, le métabolisme énergétique, l’autophagie et plusieurs voies impliquées dans les hallmarks of aging. C’est ce qui explique qu’elle reste souvent citée dans les discussions sur la prévention du vieillissement à base métabolique. 
La vraie nouveauté actuelle se situe toutefois du côté du retatrutide. Il s’agit d’un peptide de nouvelle génération, plus précisément d’un triple agoniste injectable des récepteurs GIP, GLP-1 et glucagon. Il a été développé pour réunir, dans une seule molécule, trois actions complémentaires : réduction de l’appétit, amélioration du contrôle glycémique et augmentation de la dépense énergétique. 
C’est cette triple action qui explique l’intérêt qu’il suscite. Dans l’essai de phase 2 publié dans le New England Journal of Medicine, le retatrutide a permis une perte de poids moyenne pouvant atteindre 24,2 % à 48 semaines avec la dose de 12 mg chez des adultes vivant avec une obésité. En mars 2026, Eli Lilly indique qu’il reste un traitement investigationnel, non approuvé, accessible uniquement dans le cadre d’essais cliniques, avec un programme de phase 3 toujours en cours. 
Le point essentiel est donc le suivant : les télomères permettent de mieux comprendre la dimension biologique de l’obésité, la metformine a ouvert la voie à une lecture plus large du métabolisme et du vieillissement, et le retatrutide marque aujourd’hui un changement d’échelle thérapeutique. Son intérêt n’est pas d’agir directement sur les télomères, mais de corriger beaucoup plus efficacement le terrain métabolique qui accompagne l’obésité. 
Conclusion
En 2026, l’obésité s’impose comme une maladie métabolique profondément liée aux mécanismes du vieillissement biologique. Les télomères apportent un éclairage utile sur cette relation. La metformine conserve une place importante dans cette réflexion, mais la grande innovation actuelle est le retatrutide, un peptide thérapeutique de nouvelle génération, plus précisément un triple agoniste, qui ouvre une nouvelle étape dans la prise en charge de l’obésité. 
Bio auteur
Dr Moguem est médecin et exerce à la Nefertiti Médical Clinic à Braine l'alleud, elle s’intéresse à la médecine esthétique, fonctionnelle, régénérative, aux lasers ainsi qu’aux stratégies médicales de prévention du vieillissement.
Bibliographie
Jastreboff AM, et al. Triple-Hormone-Receptor Agonist Retatrutide for Obesity. N Engl J Med. 2023. 
Müezzinler A, Zaineddin AK, Brenner H. Body mass index and leukocyte telomere length in adults: a systematic review and meta-analysis. Obesity Reviews. 2014. 
Kulkarni AS, Gubbi S, Barzilai N. Benefits of Metformin in Attenuating the Hallmarks of Aging. Cell Metabolism. 2020. 
Eli Lilly and Company. What to know about retatrutide. Mise à jour mars 2026.